7 différences cocasses et inattendues entre les cultures françaises et québécoises…


[ Culture québécoise ] - Rédigé par

Dans le cadre des activités de l’Association Québec-France, les membres qui sont pour la grande majorité des citoyens québécois, reçoivent régulièrement de jeunes français qui viennent vivre une expérience internationale au Québec. Si ces échanges se passent toujours très bien et connaissent un grand succès, il subsiste toujours quelques questionnements qui relèvent essentiellement de différences culturelles entre la culture française et la culture québécoise.

Association Québec France

L’association Québec-France (AQF) est donc venue nous rendre visite chez Akova pour en parler avec Armelle Rossetti, spécialiste en mobilité internationale et en intégration sociale et professionnelle des inmigrants. C’est par un jeu de 7 questions, posées par l’AQF au regard d’observations formulées par ses membres, qu’Armelle Rossetti a formulé 7 conseils très pratiques (non dénués d’une petite pointe d’humour) pour faciliter l’accueillir des nombreux jeunes français par le réseau de l’AQF.

1) Les Québécois sont-ils vraiment des cousins ? (Association Québec-France)

Armelle Rossetti: « Il est difficile de savoir d’où vient l’expression « cousins » lorsqu’il s’agit de qualifier les relations entre Français et Québécois. Pourtant, mieux vaut tout de suite tordre le coup à cette idée lorsqu’il s’agit de parler de nos cultures respectives.  La culture Québécoise est davantage une culture nord-américaine qu’une culture européenne. L’expliquer rapidement à un jeune Français qui arrive au Québec lui permettra de s’adapter plus rapidement et surtout de mieux comprendre les différences culturelles, sociales et professionnelles auxquelles il sera confronté. Nous sommes donc peut-être « cousins » mais plus pour des raisons d’affinités historiques entre nos deux pays que pour des raisons de proximité culturelle. »

2) « Je, tu, il, nous, vous… »: quelqu’un qui me tutoie au Québec devient-il de fait un ami? (AQF)

A.R: « Le tutoiement est moins naturel ou fréquent en France qu’au Québec notamment lorsqu’on s’adresse à des personnes de générations différentes ou dans un contexte professionnel. Un Français pourra avoir tendance à y détecter une volonté de créer plus de proximité ou de vouloir faire « amis / amis ». Ceci est d’autant plus trompeur qu’il est plus long de se lier d’amitié avec quelqu’un au Québec qu’en France. La notion d’amitié est de plus différemment vécue au quotidien de chaque côté de l’Atlantique (se reporter à la question 3). »

3) Maintenant que nous sommes « amis », peut-on tout faire ensemble ? (AQF)

A.R: « En France, la notion d’amis conduit souvent à partager beaucoup de choses que ce soit sur le plan des loisirs que sur le plan des activités familiales. Il sera donc important de bien faire comprendre à votre nouvel « ami » français que votre relation naissante ne signifie pas que vous allez tout faire ensemble à partir du moment où vous aurez scellé ce pacte d’amitié. Mieux vaut le savoir sinon, vous aurez sûrement la surprise de vous voir proposer d’aller manger, de sortir au cinéma, d’aller jouer au soccer ou d’aller patiner voire même de partir en vacances ensemble. Propositions sympathiques mais engageantes vues sous l’angle de cette amitié naissante. Une vraie démonstration d’amitié…à la française. On s’entend pour dire que cela ne marche pas tout à fait comme ça au Québec ! »

4) Pourquoi tout le monde avait l’air bizarre lorsque je suis arrivé 30 minutes après l’heure du rendez-vous ? (AQF)

A.R: Le vieux dicton « L’exactitude est la politesse des rois » s’entend en terme de ponctualité. Et pourtant, la France qui a eu tant de rois ne brille pas toujours par la ponctualité de ses citoyens. Cette liberté avec l’horaire, un peu trop récurrente chez les Français, a une traduction au Québec: « le quart d’heure français ». Ce petit côté latin des Français, si sympathique par ailleurs, se traduit aussi dans cette incapacité chronique à arriver à l’heure. Le retard pourra varier en fonction de la personne mais également de sa région ou de sa ville d’origine. Alors parmi les premiers éléments de culture à glisser à un Français qui débarque au Québec, c’est de lui expliquer combien la ponctualité est importante dans la Belle province et qu’elle ne comprend pas de tolérance contrairement à ce que les lois de la physique nous ont enseigné. Vous lui rendrez un grand service pour faciliter son intégration sociale ET surtout professionnelle et vous vous éviterez bien des désagréments.

5) Pourquoi  m’a-t-on dit d’apporter mon lunch lors d’une invitation à un BBQ ? (AQF)

A.R: Il est dans la tradition Québécoise d’organiser des « partys » ou des BBQ lors de la belle saison où chaque personne est conviée à apporter son propre lunch et son « breuvage » pour étancher sa propre soif. En France par contre, on apportera (par exemple) une bouteille de vin ou un plat mais dans l’optique de les partager. Pensez bien à expliquer la règle du jeu pour éviter que votre invité Français n’arrive avec une salade pour 15 personnes et passe une soirée très « santé » à la déguster en solitaire. Nous n’osons relater ici la consommation de sa bouteille de vin !

6) Pourquoi m’a-t-on proposé de partir du restaurant avec un « doggy bag » ? (AQF)

A.R: Il est bien connu que les portions servies dans les restaurants en Amérique du nord sont plus que généreuses. Conséquence logique, on peut sans gêne demander à rentrer chez soi en emportant ce que l’on a justement payé et non consommé. La culture gastronomique française est tout autre et les portions servies sont plus restreintes. Le restaurateur s’attend donc généralement à ce que le convive finisse son plat à défaut de faire penser qu’il n’a pas apprécié ce qui lui a été servi ! Expliquer et décoder le « doggy bag » à votre invité Français, c’est comme le libérer d’une angoisse qui lui ferait croire que vous n’avez pas mangé à votre faim… ou de trouver des raisons bizarres et non avouables lorsqu’il vous verra rentrer chez vous avec le reste de votre superbe repas…dans une petite boite en carton.

7) Pourquoi n’ai-je pas vu de garçon « draguer » les filles dans les bars ? (AQF)

A.R: Pour finir sur un ton un peu badin, voici une question sous forme d’un rapport d’étonnement. Bien des jeunes français observent le comportement des « gars » et des filles dans les bars et ne comprennent pas pourquoi les filles ont des « grosses bières » et pourquoi les gars sont assis bien tranquillement sur leur chaise sans trop bouger. On vous fait part de la remarque mais chacun d’entre vous formulera sa propre réponse. Ce thème, on l’a compris, est bien délicat. Mais avant toute explication pragmatique, sociologique ou même savante, sachez que dans les bars français, il est plus souvent admis que les gars fassent le premier pas…Voici peut-être une explication de la plus grande différence entre les verbes « draguer » qui a cours en France et « cruiser » qui exprime au Québec le fait de faire la cours à quelqu’un !!

Armelle rossetti immigration QuébecArmelle Rossetti conclut, en forme de synthèse : « On  a souvent tendance à penser que les relations sociales entre les Québécois et les Français sont simples et naturelles. Que notre proximité affective et notre (lointaine) histoire commune nous rapprochent tellement que nous vivons au quotidien de la même façon. Grave erreur qui créée souvent des situations cocasses que l’on aimerait tous éviter… ».

Vous voulez aller plus loin pour comprendre ces différences culturelles entre la France et le Québec ? La lecture du Guide Destination Québec vous fera faire un bon bout de chemin…

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